Voie ferroviaire Agen Auch

L'étude opérationnelle a été présentée au comité de pilotage hier matin à Auch. /Photo DDM
L'étude opérationnelle a été présentée au comité de pilotage hier matin à Auch. /Photo DDM

Il faudra un peu plus de 7 millions d'euros pour rénover la ligne Auch-Agen et y faire circuler au moins pendant 15 ans des trains de marchandises. Le comité de pilotage, qui s'est tenu hier à la préfecture, a donné un coup d'accélérateur au projet.

«Il reste encore un peu de chemin à faire mais au sortir de cette réunion, on a vraiment le sentiment de bien accrocher le projet.» La relance du fret ferroviaire entre Auch et Agen ressemble de moins en moins à un mirage... les propos du préfet du Gers Pierre Ory à la sortie du comité de pilotage qui se tenait hier matin à Auch en témoignent, au moins autant que la présence du directeur territorial de la SCNF Réseau Pierre Boutier, du président du directoire du port autonome de Bordeaux Christophe Masson et des autres financeurs potentiels d'un projet d'intérêt économique majeur pour le Gers et le Lot-et-Garonne mais au-delà pour les régions Occitanie et Nouvelle Aquitaine. Stéphane Bérard, président de la commission transports et infrastructures à la Région Occitanie, avait d'ailleurs fait le déplacement à Auch.

«Lors de ce comité de pilotage, qui était déjà le troisième que nous tenons depuis juin 2015, nous avons partagé les résultats d'une étude opérationnelle lancée en juin 2016 et nous avons aussi abordé les modalités de gouvernance de la ligne Auch-Agen.» Et le préfet de livrer les conclusions de ce diagnostic : «Sur trois scénarios proposés, le choix le plus réaliste d'un point de vue économique est de renouveler cette infrastructure pour une quinzaine d'années. Cette étude a précisé le montant des travaux à réaliser. Une première phase, concernant la portion comprise entre Agen et Sainte-Christie, a été chiffrée à 7,2 millions d'euros.» Une sommée loin d'être astronomique d'autant que, rappelle Pierre Ory, «deux sources de financement sont déjà stabilisées : l'Europe à hauteur de 30% et l'État, via l'agence de financement des infrastructures ferroviaires et de transport qui s'engagera au même niveau que l'Europe.» Reste donc 40% pour boucler le budget. Les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) tels que Grand Auch, l'agglomération d'Agen ou la Lomagne gersoise seront sollicités, ainsi que les chargeurs (1). «La prochaine étape sera justement d'affiner le montant de la participation de chaque partenaire», indique Pierre Ory qui veut pousser les feux «car il y a une exigence calendaire». Exigence notamment fixée par l'Europe pour verser son aide : que les trains de marchandises circulent d'ici le 30 juin 2018 entre Auch et Agen.

(1) La relance du frêt ferroviaire entre Auch e t Agen intéresse en premier lieu quatre coopératives céréalières, deux situées dans le Gers et deux dans le Lot-et-Garonne.


«Cette ligne serait à double débouché»

Le fret ferroviaire a de l'avenir. Ce n'est pas Christophe Masson qu'il faut en convaincre. La ligne du bec d'Ambès vient d'être rénovée : c'est un des premiers chantiers achevés du plan de sauvegarde du réseau capillaire frêt lancé par le Gouvernement. «C'est un atout indéniable pour le développement économique des territoires», considère le président du directoire du port autonome de Bordeaux. Raymond Vall, sénateur-maire de Fleurance, souligne la carte maîtresse que constituera cette ligne de frêt pour les filières agricoles dans leurs relations avec la grande distribution. «On recherche un modèle qui soit à la fois soutenable et incitatif», indique Antoine Latouche, directeur territorial adjoint de la SCNF Réseau. Il ajoute que cette ligne Auch-Agen serait «à double débouché car les flux seraient orientés aussi bien vers les ports de Méditerranée que ceux de la façade atlantique».