Les Ciapa heureux de cultiver en bio

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Le soir au retour des champs, Emmanuel Ciapa ne s'entend plus dire par son épouse : «Tu sens les produits». Ces produits phytosanitaires «qui collent à la peau», dont Emmanuel, son frère aîné Thierry et Angeline l'épouse de ce dernier qui travaillent en Gaec à Castelnau d'Arbieu (Gers) font désormais l'économie. 35 000 € par an, précisent-ils…

C'est en 2015 qu'ils ont décidé de passer au bio. «Pour des raisons économiques et par souci de santé». L'aspect économique ? «Nos grandes cultures – soja, blé tendre, pois chiches, lentilles, ail- sont mieux valorisées en bio. Quant à la santé, il est évident que les phytos sont nocifs». Ainsi les 150 hectares de cultures ne reçoivent plus la moindre dose d'intrants chimiques. C'est le fumier de l'élevage laitier (70 vaches laitières) qui permet de fumer naturellement les parcelles. Ailleurs, «là où l'herbe pousse facilement, sans irrigation», les Ciapa auraient vraisemblablement converti aussi au bio leur atelier lait. Mais dans «l'aride» Lomagne gersoise faire pousser naturellement en abondance l'herbe nourricière, c'est mission impossible. L'élevage bien que nourri avec beaucoup de bio de l'exploitation familiale dont de la luzerne, est donc resté «en conventionnel». Pour ce poste, 35 000 € de revenus l'an dernier «avant cotisations MSA» pour 45 000 heures de travail… «Nos grands-parents vivaient mieux du lait que nous» constatent les Ciapa troisième génération. Cela étant bien qu'ils soient toujours «en attente» des aides Etat/région à la conversion pour les années 2017 et 2018, ils se félicitent du tournant pris. «On ne reviendrait, on ne reviendra pas en arrière». S'ils ne regrettent pas leur choix c'est aussi soulignent-ils, parce qu'en conventionnel déjà leur exploitation tournait bien. «Beaucoup de ceux qui sont passés au bio en pensant améliorer une situation mauvaise ou fragile n'y trouvent pas tous leur compte». Confiants dans le bio, les Cipia ont investi environ 300 000 € dans du matériel adapté et la construction en cours d'un bâtiment de stockage avec toit photovoltaïque. En se donnant la possibilité de stocker leurs récoltes bio ils vont gagner en maîtrise de la commercialisation, de la valeur ajoutée. Sur la commune, 8 des 13 agriculteurs sont passés au bio. Tant et si bien que le 4 juillet, Castelnau d'Arbieu recevra le label «Territoire bio engagé».

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